Bolongal

Dyna Sow, la blogueuse des livres

Je reste convaincue que la culture est un excellent outil de développement. Ainsi, je souhaite ardemment que nous convergions tous vers le schéma suivant : un enfant, un livre, un sourire.

Dyna « la plume passionnée » 

Je m’appelle Madina Malick SOW. J’occupe actuellement un poste d’auditrice financière dans un cabinet parisien et je prépare en parallèle un ultime diplôme pour devenir expert-comptable et commissaire aux comptes.

En dehors de mon métier, je consacre une bonne partie de mon temps libre à la lecture et à la gestion de mon blog littéraire. Mes autres passions sont l’écriture, la criminologie et les sciences du comportement.

Ça vous fait quoi d’entendre « si tu veux cacher une chose à un malien mets la dans un livre » ?

Si on est réaliste et qu’on fait preuve d’un minimum de bon sens, on se rend compte que cette affirmation ne peut être que véridique au vu de la tranche majoritaire de la population analphabète…

Le constat fut accablant. J’ai rencontré des libraires découragés ; j’ai vu des étagères recouvertes de poussière. De même, le bibliothécaire de la bibliothèque nationale (lieu où les livres sont mis à la disposition du public gratuitement) m’a rapporté que les seuls visiteurs étaient des étudiants en période de révision ou de jeunes diplômés à la recherche d’emploi dans les journaux disponibles gratuitement.

Par ailleurs, en ce qui concerne la tranche minoritaire instruite, j’ai toujours été optimiste. Je pensais que la situation n’était pas aussi dramatique. Donc, lors de mon dernier séjour à Bamako, j’ai décidé de faire une tournée de quelques librairies afin d’en avoir le cœur net.

J’ai poursuivi mon enquête autour de moi. La réponse la plus fréquente en ce qui concerne les parents est le manque de temps à consacrer à cette activité. Pour ce qui est des jeunes, ils n’en voient tout simplement pas l’utilité. Pour comprendre cela, il faut remonter le temps, au début de leur scolarité. Dans certains établissements comme le mien, la lecture devenait une obligation dès le collège.

Nous avions un certain nombre de classiques français et africains à lire et à analyser tous les ans. A un si jeune âge, la tâche pouvait se révéler ardue. En effet, nous n’ignorons point combien certains classiques peuvent s’avérer ennuyeux et difficiles à lire. Je pense que pour certains jeunes, la rupture a eu lieu à ce moment là…

Parlez de votre blog plume passionnée ? Quel est son but ?

Tout a commencé sur Instagram, il y a 3 ans environ. J’ai découvert que le réseau social abritait une grosse communauté de mordus de lecture. C’est ainsi que je me mis à partager des photos de mes lectures et à échanger avec les gens. Ensuite, j’ai évolué vers les petits avis littéraires sous mes photos.

Les gens étaient assez réceptifs et certains m’ont confié que je leur redonnais le goût de la lecture. Il ne m’en fallait pas plus pour voir plus grand. C’est comme ça que m’est venu l’idée du blog.

Plume passionnée est née d’une envie de partage (avec de grands lecteurs comme moi), de transmission (de mon goût prononcé pour la lecture à de jeunes générations) et de pratique (de l’écriture, passion nouvelle qui s’est révélée à moi).

Dyna Sow

D’où vient cet amour pour les livres ?

Comme je l’ai expliqué dans un article de mon blog, Ma passion pour la lecture ne s’est révélée à moi que bien tard. Cependant, aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours été accompagnée d’un livre ou deux. Je peux affirmer que j’ai grandi entourée de livres…

Mon père est un fervent défenseur de la lecture. Selon lui, c’est le seul moyen d’enrichir son vocabulaire, de se cultiver et d’ouvrir son esprit. Ainsi, très tôt je découvris le monde à travers les grands classiques de Disney qu’il m’offrait.

Je n’ai réellement pris conscience de ma passion qu’à l’université. Je me suis inscrite à France Loisir et je m’attelais à la lecture des huit livres annuels prévus au contrat.

La particularité de ma passion est qu’elle devient plus dévorante avec le temps. Je lis beaucoup plus de livres maintenant que durant mes années d’études. Mes goûts s’affinent et s’affirment et j’ai toujours cette crainte de mourir sans avoir lu assez de livres…

Combien de livres lisez-vous par mois ?

Je lis en général un livre par semaine donc 4 livres par mois. Cependant, en fonction du volume du livre et de mes activités, ce chiffre peut être rapporté à 3 ou à 5.

Avez-vous des projets autour des livres au Mali ?

Je dirais que j’ai des rêves. Ils me paraissent si fous qu’ils me semblent aller au-delà du simple projet. J’ai un métier mais je pense me réaliser pleinement qu’en exerçant des activités annexes en relation avec les livres et la littérature. J’attends d’y voir plus clair avant de me prononcer là-dessus.

Comment amener les jeunes maliens à aimer la lecture ?

A la lecture de ce qui va suivre, d’aucuns diront que j’ai une vision utopiste de la situation. Je leur répondrais qu’il faut de tout pour faire un monde.

Selon moi, la solution est toute simple mais pour qu’elle puisse être pleinement appliquée à une majeure partie de la population il faudrait dans un premier temps faire face à deux obstacles majeurs : l’analphabétisme et la pauvreté. Nous ne pouvons pas exiger des parents d’envoyer leurs enfants à l’école ou de les inciter à lire si leurs besoins les plus primaires tels que l’accès à l’eau potable ou à un repas par jour ne sont pas comblés.

Une fois ces problème résolus (dans le meilleur des mondes), il faudra s’employer à changer les mentalités :

  • Le changement commence au sein même des familles, au niveau des parents. On ne peut pas attendre des enfants d’adopter la lecture s’ils grandissent dans un environnement hostile à cette pratique. Les parents ont cette responsabilité de montrer l’exemple ou en tout cas d’inciter leurs enfants à s’intéresser aux livres.
  • L’éducation nationale doit ensuite appuyer le travail préliminaire des parents en facilitant l’accès aux livres aux enfants et en intégrant pleinement la lecture dans les programmes scolaires.
  • Enfin, L’état doit œuvrer dans le secteur pour faciliter l’implantation et le développement des librairies et ainsi permettre un accès plus facile aux livres à moindre coût.

Quel est votre message pour la jeunesse ?

J’aimerais que les jeunes se réveillent enfin ; qu’ils prennent conscience de l’urgence de la situation. Nous sommes l’avenir de ce pays et qu’allons-nous léguer à nos enfants ? Un pays meurtri par les guerres ? Une population morcelée par les conflits interethniques ? Un Etat souillé par la corruption ? Que savons-nous réellement des relations interethniques du Mali ? Maitrisons-nous l’histoire du Mali ? Connaissons-nous ces grands hommes littéraires qui ont fait la fierté de notre pays ?

Ces réponses et bien plus encore se retrouvent dans les livres. De votre canapé, la lecture vous fait voyager, dans le temps et dans l’espace. Découvrez ou redécouvrez l’histoire du Mali, de l’Afrique et même du monde ; revivez les grands évènements qui ont marqué notre époque ; Visitez de nouveaux pays ; découvrez de nouvelles cultures ; formez-vous à de nouvelles disciplines etc.

C’est un moyen infaillible pour s’ouvrir l’esprit, se cultiver et se perfectionner dans une langue.

Que ceux qui en ont la possibilité s’en imprègnent. Ainsi, il sera de leur responsabilité d’éclairer les autres.

Quel est votre rêve pour le Mali ?

Je rêve d’une population malienne patriote car un peuple qui aime et respecte son pays, désire le voir avancer. L’intérêt personnel de chacun sera remplacé par un but commun : la reconstruction du Mali.

Je reste convaincue que seul un apprentissage et une bonne compréhension de notre histoire, une réconciliation avec nos valeurs, une réappropriation de notre culture et une reforme de nos us et coutumes pourront faire naitre ou renaitre ce sentiment de patriotisme enfoui. Ne dit-on pas que celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va ?

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Ousmane Makaveli

Bonjour 😁😁😁
je nomme Ousmane Traore, je suis blogueur et l’initiateur de Bolongal. J’écris pour émerveiller, partager, dénoncer, sensibiliser, j’écris surtout pour que l’on puisse échanger, et confronter nos idées. Laissez les vôtres en commentaires.

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