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Élections présidentielles 2018 : les leçons à tirer

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Vote Photo: G. Attino

C’est l’occasion de tirer les enseignements de l’élection présidentielle 2018 pour l’histoire et aussi pour notre bon fonctionnement politique au Mali.

Ce mardi 4 septembre 2018, nous venons d’assister à l’épilogue des élections présidentielles 2018 au Mali. En effet Ibrahim Boubacar Keita, le Président partant n’est finalement pas parti et vient d’être investi pour un second mandat de 5 ans au terme de plusieurs semaines de campagne houleuse.

C’est l’occasion de tirer les enseignements de celle-ci pour l’histoire et aussi pour notre bon fonctionnement politique.

L’argent roi

Une fois de plus, l’argent a été au cœur de cette campagne électorale. Achats de conscience, utilisation de moyens dispendieux, investissement dans la communication et la mobilisation, ces élections ont été un véritable fonds de commerce pour bon nombre de nos concitoyens. Nul doute que les candidats qui ont tiré leur épingle du jeu sont ceux qui sont les mieux lotis financièrement.

Les fake news

Comme pour être conforme avec le temps, les fake news se sont taillées une place importante lors de cette campagne. De la ville fictive de Soumaïla Cissé au décès supposé de IBK, on a eu droit à toutes sortes de rumeurs, des plus loufoques aux mieux ficelés. Ont-elles eu un impact sur les résultats? Quoiqu’on dise au Mali les préjugés ont rancune tenace.

Les réseaux sociaux ne représentent pas Bamako et Bamako ne représente pas le Mali.

Si un électorat se fait remarquer par sa versatilité, l’électorat malien tape dans une catégorie bien au-dessus. Si on s’appesantissait sur les différents sondages sur les réseaux sociaux, les résultats auraient été bien différents. Également la différence entre les résultats obtenus par les candidats à Bamako et dans certaines régions sont en réel déphasage. Comme si en fin de compte toutes les colères étaient concentrées uniquement à Bamako.

Les maliens pas toujours emballés par la politique

En regardant l’écart entre le nombre d’inscrits sur les listes électorales, le nombre de retrait des cartes d’électeur et le nombre des votants, on remarque aisément que la question politique n’emballe vraiment pas le Malien au point de ne pas se sentir concerné par une élection présidentielle. Établir la confiance entre eux et la population reste encore le défi majeur des acteurs politiques.

Les limites du système électoral

Il s’agit plus du cas de deux institutions : la CENI et la Cour Constitutionnelle. La première s’est fait remarquer par son silence tout au long du processus et la seconde s’est vu jeter un discrédit sur son mode de fonctionnement. Toute chose qui fait dire que ces deux institutions concentrent en elles les limites du système électoral.

Le débat porte sur le candidat et non sur son programme

Nombreux ont été ceux qui ont cru que les débats allaient porter sur les programmes. Ils avaient pas totalement faux car lors de la première semaine de campagne, les mesures phares des différents programmes étaient au cœur de toutes les discussions. Mais à partir du moment que celui qu’on a taxé de ne pas avoir de programme a finalement présenté le sien, on est vite retombé dans nos travers. Invectives, rumeurs, fake news et photo montage ont pris le dessus. Chassez le naturel, il revient au galop.

La fin de la génération 91

Seule vrai satisfaction de ces élections, c’est qu’elles consacrent la fin ou presque de la carrière politique des acteurs du mouvement démocratique. Entre suicide/mort politique pour certains et défaite de trop pour d’autres, le renouvellement générationnel de la classe politique malienne est en passe de se réaliser. Des jeunes fauves ont fait leur entrée dans l’arène et il va falloir traiter avec eux.

Cette campagne électorale a été riche en enseignements pour les acteurs ou observateurs que nous sommes. Même si beaucoup de choses n’ont pas visiblement changé il faut reconnaître que certaines innovations n’ont pas manqué de nous faire rire.

Mais allons-nous tirer réellement des enseignements de cette exercice démocratique en perte de vitesse ?

Dou Niangado

Marketeur de formation, Communicant de profession et Blogeur par passion.

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