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Mali, ce pessimisme qui nous tue

Le malheur, c’est que nous croyons plus fermement en notre échec, plutôt qu’a notre capacité de réussite. Nous sommes un pays riche qui nourrit et entretient des idées de pauvreté. Voilà notre misère.

Oubliez la corruption, la mauvaise gouvernance, le Mali souffre d’un mal bien plus grave. Un mal qui jugule le développement, favorise la multiplication des problèmes: le pessimisme, mère de tous nos maux.

Avez-vous déjà entendu l’expression : ça va à la malienne ? elle signifie que les choses vont mal train. Comme si être mal est intrinsèquement lié à la condition d’être malien.

Le pessimisme est au summum. Même pour se décrire les idées sont d’une obscurité moribonde. « Le Malien ne peut rien faire de bon » ; « le made in mali est kitsch » ; « ce pays n’ira jamais loin » ; « Dieu nous a oublié » ; « on ne peut rien faire sans l’occident » ; « nous sommes condamnés à la précarité » ; « on ne peut pas réussir au Mali » ; « toutes les portes sont fermées ».

Peut-être que ces discours dépréciatifs à la résonnance déprimante sont fondées. Depuis l’indépendance, le pays est toujours à la traine nonobstant quelques efforts fébriles, il n’amorce que timidement son essor.

Face à de mirobolantes ressources humaines et matérielles inexploitées ou bradées, le quotidien du malien fortement marqué par la précarité. Désillusionnés par des politiciens prévaricateurs, qui n’ont jamais été à la hauteur et la noblesse de leur tâche. Il a sombré dans le gouffre de la dépression et le labyrinthe du pessimisme.

Le désespoir est contagieux et atavique, de génération en génération il se transmet. Il émousse notre intelligence, la réflexion et l’effort nous répugne. Notre retard ne s’explique lui, car il a piétiné notre confiance en soi.

Ces idées toxiques nous poussent à brader nos valeurs, à être un peuple velléitaire dépendant des subsides de l’occident.
Ce pessimisme sournois et dévastateur, manifestation de la négation de son propre être, est le cancer qui ronge le génie des plus jeunes, ankylose les cœurs, brouille les perspectives d’avenir.

Le pessimisme déforme la réalité, là où nous devons voir les opportunités et notre immense potentialité, nous voyons des obstacles.
Cette mentalité de perdant fortement rependue, déséquilibre l’élan de ceux qui entreprennent, osent, rêvent. Elle avorte nos entreprises et initiatives, au point où il ne trouve d’autres voix que l’illégalité et les raccourcis pour s’en sortir.

Etre malien n’est pas une malédiction. Ce sont les croyances limitantes, les idées négatives qui alimentent le subconscient collectif, donc influent négativement sur notre réalité en nous attirant que de malheureux évènements.

Comment un peuple se voit lui-même, détermine son niveau de développement. Pour le moment nous nous avons une piètre image de nous-même, et notre essor mesure à l’aune de notre degré d’occidentalisation.

Nous avons dans nos pensées, les graines de notre ruine ou de notre réussite. Nous ne serons jamais un grand que quand nous croirons en nous-même.

Le changement de mentalité précède à tout autre évolution. Ou plutôt l’évolution n’est qu’une évolution des mentalités.

Tous nos efforts doivent nous permettre de raviver cette espérance, cette positivité. Cela déliera les capacités enfouies en nous, ouvrira la voie à l’imagination et au travail.

Le malheur, c’est que nous croyons plus fermement en notre échec, plutôt qu’a notre capacité de réussite. Nous sommes un pays riche qui nourrit et entretient, des idées de pauvreté. Voilà notre misère.

Nous ne sommes pas des sous-hommes condamnés à dépendre des autres, il n’y a aucune malédiction ou mauvais sort qui nous prédestine à la médiocrité.

Je suis persuadé qu’un meilleur avenir est possible d’abord nous devons bannir toute négativité de notre vocabulaire. Engagé un travail de fond pour être capable de nous voir comme nous sommes réellement, des hommes capables de faire des miracles, le miracle malien.

Ousmane Makaveli

Bonjour 😁😁😁
je nomme Ousmane Traore, je suis blogueur et l’initiateur de Bolongal. J’écris pour émerveiller, partager, dénoncer, sensibiliser, j’écris surtout pour que l’on puisse échanger, et confronter nos idées. Laissez les vôtres en commentaires.

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